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Les stéréotypies ou tics

Dernière mise à jour : 19 juil. 2021

Les stéréotypies ou tics (troubles involontaires compulsifs) sont des comportements répétés sans but apparent par le cheval.

Tic à l'appui cheval

Cela peut se présenter sous différentes formes telles que :

Tic à l’ours : le cheval se balance en déportant son poids d’un membre antérieur à l’autre


Tic à l’appui : le cheval attrape avec ses dents un support, tire en arrière et contracte les muscles de son encolure. Cet enchaînement produit un bruit facilement reconnaissable semblable à un « rot ».


Tic à l’air : le cheval effectue le même enchaînement que pour le tic à l’appui mais sans saisir un support avec ses dents.


Tic déambulatoire : le cheval suit perpétuellement et inlassablement un trajet similaire dans son environnement, cela peut s’exprimer par le fait de tourner en rond dans son box par exemple.

… et tant d’autres (encensement, automutilation, stall-kicking, lignophagie,…).


Ces comportements apparaissent généralement en lien à un manque ou à un mal-être dans la vie de l’animal. Cela peut être le cas par exemple chez des chevaux privés de rapports sociaux, recevant une alimentation inadaptée, soumis à un stress important, vivant dans un milieu appauvri sur le plan sensoriel et éprouvant de « l’ennui », … en bref, l’impossibilité pour un cheval de satisfaire ses besoins fondamentaux favorise grandement l’apparition de comportements stéréotypés.


L’apparition d’un tic va avoir un impact considérable dans la vie du cheval. Tout d’abord, ce comportement va occuper une place importante dans le budget temps quotidien de celui-ci et donc le priver d’autres activités pourtant vitales pour lui.


La nature répétitive du tic va aussi causer des problèmes physiques graves comme par exemple l’usure prématurée des dents (lors du tic à l’appui) ou le développement de problématiques de santé diverses.

Les comportements stéréotypés ne sont donc absolument pas à prendre à la légère.


Chez un équidé présentant un ou plusieurs tic(s), l’espoir d’amélioration est bien souvent compromis.


En effet, si le cheval a développé ce comportement en lien avec son environnement (par exemple pour un cheval enfermé dans un box qui a développé un tic à l’appui), il se peut que ce comportement ne disparaisse pas forcément en cas d’amélioration de ses conditions de vie (en faisant vivre exclusivement au pré le cheval défini précédemment par exemple).

De ce fait, nous n’avons à ce jour pas de garanties pour venir à bout d’une stéréotypie chez un équidé.

Cependant parfois, un changement d’environnement (sortie quotidienne, vie au pré, …) , une modification de certaines conditions de vie (vie en groupe plutôt que seul, quotidien moins stressant,…) , l’amélioration de certains points clés (alimentation, stimulation sensorielle accrue, …) peuvent mener à une réduction voir à une disparition totale d’un ou plusieurs comportement(s) stéréotypé(s) précédemment développés.

Il s’agit vraiment de comprendre qu’un cheval qui présente un tic exprime un mal-être présent ou passé, cela ne veut donc pas forcément dire que ce sont ses conditions de vie actuelles qui ont développé ce comportement.

cheval box sombre

Attention, les moyens pouvant être mis en place pour amener le cheval à être en impossibilité d'effectuer son/ses comportement(s) stéréotypé(s) ne peuvent pas être considérés comme de réelles solutions (l'exemple le plus fréquent étant le collier anti tic).

Les comportements stéréotypés étant des conséquences d'un mal-être chez le cheval, ce n'est pas la contrainte qui pourra résoudre miraculeusement ce souci profond et rendre un cheval parfaitement équilibré physiquement et mentalement.

Une intervention de ce type entraînera une hausse de stress chez l'animal et risque ainsi de produire tout simplement l'effet inverse.

Le cheval peut aussi se "replier" vers une autre solution d'expression de son mal-être à travers l'auto-mutilation par exemple. On a même pu observer des chevaux atteints par un tic à l'appui auxquels on avait retiré tous les supports se tourner vers le garrot d'un congénère pour essayer d'effectuer ce comportement...


Si des changements dans le mode de vie et des protocoles peuvent être mis en place afin d’essayer de réduire ou de faire disparaitre la présence de tics, il est important de noter que ces moyens n’offrent absolument pas une efficacité à 100% (loin de là…) et que la solution première doit avant tout être la prévention.

En effet, oeuvrer pour offrir un mode de vie adapté aux besoins fondamentaux du cheval et éviter les « situations à risques » reste le moyen le plus efficace pour lutter et se prémunir de l’apparition de comportements stéréotypés.


À travers nos recherches, nous étudions les conséquences de ces comportements sur la santé physique et mentale des chevaux et les éventuelles solutions pour améliorer le quotidien des équidés présentants des stéréotypies. Ces travaux sont motivés par la volonté de sensibiliser et de guider tous les acteurs du monde équestre afin d'améliorer les conditions de vie de leurs équidés.